LA POSITION DU CDPS FACE AUX ENJEUX ÉLECTORAUX RÉUNION DE GENÈVE

LA POSITION DU CDPS FACE AUX ENJEUX ÉLECTORAUX RÉUNION DE GENÈVE

 

 

Congolaises et Congolais,

Chers compatriotes,

 

Nous sommes à un mois de la date des élections unilatéralement fixée par le pouvoir en place, cela après le rejet par le même pouvoir de la date consensuelle de décembre 2017 (fixée par l’Accord de la CENCO).

Aujourd’hui, nous sommes convaincus que cette échéance électorale est préparée dans une immense tricherie qui la rend absolument inacceptable.

En effet, le fichier électoral ne repose pas sur une identification et un recensement préalables de la population. Ensuite, certains coins du pays n’ont pas connu d’enrôlement des électeurs. Le découpage en circonscriptions électorales a suivi la même logique de fraude. La CNI en a tiré un corps électoral gonflé par millions dans certaines régions et provinces considérées comme favorables au régime de Kabila et, par contre, elle a réduit par millions dans certaines provinces estimées indifférentes ou défavorables.

A ces truquages viennent s’ajouter l’imposition illégale de la fameuse machine électronique et quelque dix millions d’électeurs fictifs. Cette tricherie profite au régime. Elle lui donne une avance de 125 sièges à l’Assemblée Nationale, soit 25% du total, et de 248 sièges du total des sièges des Assemblées provinciales, soit 32%. Une telle avance se traduit par un gain frauduleux de 313 sièges sur 780 dans les Assemblées provinciales et, en aval, par un gain de 40% des sièges au Sénat et 40 % des postes de gouverneurs de province.

Ajoutés aux kabilistes véritablement élus, ces gains de tricherie assureront au régime une majorité qualifiée pourmodifier rapidement la Constitution et ainsi se perpétuer au pouvoir. Ainsi, les moyens de l’État sont mobilisés et la campagne électorale du régime est lancée avant la date légale, sous le regard complice d’une CENI totalement aux ordres et qui, contrairement à l’Accord de la CENCO, n’a jamais été recomposée. Quel Congolais est assez naïf pour croire que la Cour Constitutionnelle constitue une juridiction de recours contre une tricherie électorale au profit du régime ?

Il est donc clair que participer à une telle compétition électorale revient à cautionner la victoire déjà programmée du pouvoir. C’est ainsi que le régime a applaudi la dissidence intervenue à Genève et invité mécontents et dissidents à se joindre au FCC. 

Dans ces conditions, l’unique voie qui reste au peuple congolais est, sans plus tarder, de reprendre, dans un ultime effort de patriotisme, les actions de lutte autorisées par la Constitution (Article 64) pour installer des institutions transitoires à courte durée, qui prépareront des élections démocratiques et transparentes, aux résultats acceptables.

 

                                                                      ** *

Quant à la réunion de l’opposition à Genève pour désigner un seul candidat de l’opposition à l’élection présidentielle, le CDPS rappelle ses appels répétés dans le sens d’une communauté de vue et d’une mutualisation des efforts dans l’opposition, mais autour des valeurs, des principes et un programme politique privilégiant l’intérêt du peuple et de la nation, le choix d’un leader venant ensuite. Cette vision reste juste et judicieuse. Car, au vu de la configuration géopolitique et sociologique du pays, aucun parti, ni aucun leader, ne peut seul, conquérir le pouvoir dans un scrutin démocratique et transparent. Que dire alors de ceux qui rêvent de remporter seul à un scrutin présidentiel aussi massivement truqué d’avance ?

C’est pourquoi le CDPS maintient fermement sa vision, et salue l’esprit patriotique et les résultats de Genève. Car ils s’inscrivent dans le sens de l’unité de l’opposition, de la synergie des forces et de la fédération des électorats, au cas où l’hypothèque de la tricherie préparée par le pouvoir et la CENI sera levée sur les élections en perspective.

À l’inverse, le CDPS rappelle que la politique de reniement des accords librement conclus explique l’histoire douloureuse de notre pays, ainsi que ses crises à répétitions, ses guerres de factions et sa situation déplorable.

Dans le contexte actuel, toute dissidence dans l’opposition fait à coup sûr le jeu du régime. Nul Congolais ne peut raisonnablement douter que ce soit là la voie la mieux indiquée vers notre suicide collectif.

* * *

Le CDPS en appelle de nouveau au courage politique, à l’esprit patriotique et à l’union de tous les leaders de l’opposition. En même temps, nous invitons notre peuple à se dépasser, en tournant résolument le dos au fractionnisme (régional ou partisan) et en redoublant de vigilance, face au danger commun d’une si vaste tricherie électorale.

Plus concrètement, notre peuple, en tant que souverain primaire dans l’esprit et la lettre de l’Article 64 de la Constitution, est invité à :

1. s’assumer comme l’unique artisan de son salut, de redoubler sa détermination et de renforcer son unité dans le combat contre la tricherie et la manipulation politicienne ;

2. démasquer et dénoncer tout politicien qui s’emploie, sous nos yeux, à crédibiliser des élections truquées d’avance ;

3. empêcher qu’un groupe ne se pérennise au pouvoir, en violation de la constitution et des accords convenus, ou à la faveur des élections truquées ;

4. combattre l’idée totalement fausse et suicidaire qu’un parti politique peut gagner seul les prochaines élections devant une si puissante machine à tricher que les dirigeants illégitimes ont mise en place ;

 

 Tels sont, au CDPS, notre intime conviction et l’essentiel du message à notre peuple, ainsi qu’aux centaines de Congolaises et de Congolais qui aspirent à nous gouverner autrement.

 

 Fait à Kinshasa le 16 novembre 2018

 

 Le Congrès des Démocrates pour le Progrès Social (CDPS),

François-Xavier BELTCHIKA – KALUBYE,

Président National

About the Author

Pascal BELTCHIKA
Membre de CDPS chargé de la stratégie.